Les ressources naturelles


Quelle place fondamentale occupent-elles dans nos sociétés et nos modèles de développement ?
En quoi ces ressources suscitent-elles de vives tensions ?
Dans quelles mesures font-elles aussi l’objet d’initiatives originales quant à leur gestion ?

1 – Evolution des besoins en ressources naturelles

Présentation des ressources consommées et des contrastes de consommation à toutes les échelles.

Document : Une plateforme de forage off-shore au Brésil (p.90-91 du livre)

Analyse de la photographie :
A remarquer : le caractère spectaculaire de l’industrie pétrolière.
Questions :
1 – Comment se présente la plateforme de forage offshore et quelle est sa fonction ?
2 – Pourquoi des remorqueurs tirent-ils au large cette plateforme de forage off-shore ?

Pour mieux comprendre :
Les ressources en hydrocarbures ont longtemps étaient insuffisantes au Brésil, à tel point que cela a expliqué le choix politique brésilien lors de la crise pétrolière des années 1970 de lancer le plan Proalcool, un ambitieux programme de biocarburant à partir de la valorisation de la canne à sucre. Mais, compte tenu du rapide développement économique de c pays émergent, la consommation d’énergie ne cesse de s’intensifier, ce qui justifie des efforts dans la prospection en haute mer de gisements. Les plus importants ont été repérés dès les années 1980, mais force est de reconnaître que l’exploitation change d’échelle grâce à l’amélioration des techniques d’exploitation (unités flottantes de production) et, par ailleurs, grâce à chaque renchérissement des prix du pétrole qui permet ainsi de valoriser de manière rentable des gisements de pétrole et de gaz naturel en eau profonde (environ 2000 à 3000 mètres de profondeur pour les gisements découverts au cours des dernières années).
Aussi, les gisements off-shore, notamment celui d’Albacora-Est dans le bassin de Campos situé à une centaine de kilomètres au large de Rio de Janeiro, le Brésil est désormais autosuffisant en pétrole : il peut même exporter une partie de sa production.

L’enjeu géopolitique

1.1 – Une question énergétique : Les hydrocarbures du Moyen-Orient (p.92-93)

Les ressources d’hydrocarbures du Moyen-Orient

Le Moyen-Orient reste la région clé pour l’approvisionnement énergétique de la planète depuis la seconde révolution industrielle, aux XIX° – XX° siècles. Des innovations majeures en particulier dans le secteur de la motorisation et de la chimie sont accomplies à cette époque et le rôle économique mais aussi stratégique des hydrocarbures s’affirme.

Après les premiers jaillissements de pétrole aux Etats-Unis, grâce notamment au célèbre colonel Drake à Titusville et Oil Creek en Pennsylvanie en 1859, des puits fleurissent un peu partout.

Ainsi l’immense potentiel pétrolier du golfe arabo-persique ne peut que susciter l’intérêt des puissances industrielles, de prospecteurs, d’entrepreneurs et d’Etats à la recherche de nouvelles sources d’approvisionnement.

Dans ce contexte, le Shah de Perse cède dès 1872 la concession de gisements à découvrir sur son territoire à un baron anglais. L’intérêt des Britanniques pour la région sur la route des Indes, se confirme par la signature de traités de protectorat avec les cheiks de Bahrein et du Koweit. Il faut attendre le 26 mai 1908 pour que le pétrole finisse par jaillir dans la région. En avril 1909 est fondée l’Anglo-Persian Oil Company (APOC) appelée à devenir en 1935 l’Anglo-Iranian Oil Company (AIOC) pour se transformer finalement, en 1954, en British Petroleum.

Pour en savoir plus : 

Les questions sur documents

1 – L’observation du graphique permet de distinguer la forte volatilité des prix du pétrole, les moments de tensions sur les prix du baril.

  • Début du XX° siècle à 1973 : le pétrole, une énergie bon marché au prix relativement stable
  • De 1973 à nos jours ; le temps des chocs (1973- 1979) et contre-chocs pétroliers (1986)

Ensuite durant deux décennies, le pétrole retrouvera des niveaux bas, représentatifs d’une énergie bon marché, hormis quelques moments courts de tensions liées à l’inquiétude des marchés en particulier en 1991 lors de la guerre du Golfe. Mais les débuts des années 2000 marquent le retour de fortes tensions et une nouvelle flambée des prix.

La valeur du baril

Elle est calculée selon plusieurs facteurs. Elle est bien évidemment déterminée par les jeux du marché (offre et demande), mais elle intègre aussi la manière dont la monnaie de référence, c’est-à-dire, le dollar, évolue dans le temps (inflation / déflation).

Pour information : 1 baril représente 158,98 litres de pétrole (32 gallons américains) et 7,6 barils pèsent 1 tonne de pétrole.

2 – Le Moyen-Orient constitue le « cœur pétrolier du monde » grâce à l’importance des capacités de production du golfe persique et de la péninsule arabique qui représente 32% de la production mondiale et 63 % des réserves naturelles.

3 – Le marché pétrolier est l’un des plus réactifs à l’évolution de la structure de l’offre, de la demande et aux tensions géopolitiques particulièrement vives au Moyen-Orient. Plusieurs exemples le montrent, comme la guerre du Golfe de 1991 et 2003.

Le fonctionnement du marché pétrolier

C’est comme une grande bassine dont le niveau résulte de la différence entre ce qui est produit et ce qui est consommé. A l’instar des autres marchés de matières premières et énergétiques, les prix réagissent plus que proportionnellement par rapport aux quantités disponibles sur le marché : les économistes mobilisent dans ce cas la loi de King du nom de l’agronome anglais King qui la formula au XVIII° siècle en s’intéressant aux prix du blé). Il en résulte une succession de phases de surévaluation.

Les tensions sur les prix s’expliquent à la fois pour des raisons structurelles (forte poussée de ka demande de la part des pays émergents comme la Chine, à la croissance économique soutenue et à l’efficacité énergétique moindre par rapport à celle des pays à économie avancée- et conjoncturelle. On pense ainsi aux tensions politique telles la guerre du Kippour en 1973, à la révolution islamique iranienne en 1979 ou encore aux événements libyens du printemps 2011, sans négliger la spéculation comme ce fut le cas en 2008 quand de nombreux investisseurs se sont tournés vers le marché pétrolier après la crise des subprimes en 2007 aux Etats-Unis.

4 – Six pays de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole appartiennent au Moyen-Orient :

  • l’Arabie Saoudite
  • le Qatar
  • les Emirats arabes unis
  • le Koweït
  • l’Irak
  • l’Iran

Cet ensemble constitue le cœur pétrolier de la planète. Il réalise plus de 30% de la production mondiale de pétrole et peut espérer maintenir cette position grâce aux importantes réserves dont il dispose.

5 – L’exploitation et la distribution des hydrocarbures supposent des aménagements industriels et portuaires conséquents, voire impressionnants. La photographie du complexe de Ras Laffan au Qatar permet ainsi de repérer au premier plan le quai à partir duquel l’approvisionnement du méthanier en gaz préalablement liquéfié peut être réalisé. Au fond de l’image on distingue des aires de stockages et diverses unités industrielles.